Le téléphone posé sur la table pendant le repas, la notification consultée au milieu d’une histoire du soir : ces petites interruptions ont désormais un nom, la « technoférence ». Santé publique France y consacre une partie de son dossier « Grandir avec les écrans », mis en ligne le 2 octobre 2026 et actualisé le 14 octobre. Le message est clair : la question des écrans en famille ne concerne pas seulement les enfants, elle touche d’abord la façon dont parents et enfants se parlent.
Les points :
Ce que dit le dossier de Santé publique France #
Publié dans la revue La Santé en action (n°474), ce dossier de 44 pages rassemble chercheurs et acteurs de terrain. Il rappelle que les enfants de 3 à 5 ans passent environ 1 h 30 par jour devant un écran, et ceux de 9 à 11 ans près de 2 h 30, dans des foyers qui comptent souvent plus de dix appareils numériques.
Le dossier souligne aussi des écarts sociaux : les enfants dont les parents sont moins diplômés utilisent davantage les écrans et ont plus souvent un appareil dans leur chambre. Surtout, il refuse les réponses simplistes. Interdire les réseaux sociaux avant 15 ans ou le téléphone à l’école ne fait pas l’unanimité ; l’agence défend plutôt une combinaison de régulation des plateformes, de prévention et d’éducation aux médias.
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La technoférence, un sujet de communication avant tout #
Le mot vient de l’anglais « technoference », contraction de technologie et d’interférence. Il décrit ces moments où un écran s’invite dans l’échange entre l’adulte et l’enfant : on répond « attends » en tapant un message, on lève les yeux du téléphone sans vraiment écouter. Santé publique France note que ces perturbations de l’interaction peuvent apparaître dès le plus jeune âge.
Comme le résume Selectra dans son décryptage du 9 octobre, avant 3 ans l’exposition aux écrans reflète surtout les habitudes des parents : les écrans de l’enfant et ceux de l’adulte se règlent ensemble. L’article cite une étude américaine de 2016 où six mères sur dix déclaraient que leur smartphone interférait régulièrement avec leurs échanges avec un enfant de 3 ans ou moins.
Un lien à manier avec prudence
Selectra rappelle qu’il s’agit de corrélations : une étude américaine de 2018 associe des interruptions fréquentes à davantage de colères et à une moindre tolérance à la frustration chez l’enfant, sans dire dans quel sens joue le lien. Un parent stressé par un enfant difficile peut aussi se réfugier plus souvent dans son téléphone. L’enjeu n’est donc pas de culpabiliser, mais de repérer les moments où l’attention se disperse.
Ce que montrent les données de la cohorte Elfe #
Pour la France, l’article de Selectra s’appuie sur la cohorte Elfe, qui suit 18 329 enfants nés en 2011. Le temps d’écran quotidien moyen y passait de 56 minutes à 2 ans à 1 h 34 à 5 ans et demi. À 2 ans, la télévision représentait 86 % de ce temps. Ces données ont une dizaine d’années, mais elles montrent un point utile : à cet âge, l’écran de l’enfant, c’est souvent la télévision allumée pour toute la maison.
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Des gestes simples pour protéger les moments d’échange #
La bonne nouvelle, c’est que la technoférence se corrige surtout par des habitudes de communication, sans grand plan d’action. Quelques pistes, reprises de l’article de Selectra et du bon sens familial, peuvent aider.
Sanctuariser deux ou trois moments
Le repas, le bain, le coucher : choisir quelques temps où le téléphone reste hors de la pièce et où la télévision est éteinte. Mieux vaut trois moments vraiment respectés qu’une règle générale impossible à tenir.
Dire ce qu’on fait
Quand il faut absolument répondre à un message, le dire à l’enfant : « je réponds à mamie et je reviens ». Cette phrase transforme une interruption subie en échange expliqué, et montre l’exemple d’une communication respectueuse.
Fixer les règles ensemble
Avec les plus grands, les règles d’usage se discutent. Couper les notifications à table s’applique aussi aux adultes : un accord valable pour toute la famille passe beaucoup mieux qu’une interdiction réservée aux enfants.
Questions fréquentes #
Qu’est-ce que la technoférence ?
C’est l’interruption, par un écran, d’un échange entre un parent et son enfant : un téléphone consulté pendant un jeu, un repas ou une conversation.
Santé publique France recommande-t-elle d’interdire les écrans ?
Non. Le dossier « Grandir avec les écrans » plaide pour une prévention collective et proportionnée, associant régulation, éducation et accompagnement des familles.
Où lire le dossier complet ?
Il est disponible gratuitement sur le site de Santé publique France, dans la revue La Santé en action, numéro 474.




